lundi, 07 janvier 2008
Floute !
Le bâtiment du Conseil Régional d'Aquitaine, à Bordeaux, accueille des oeuvres du FRAC Aquitaine.
Le CR c'est le subventionneur c'est pour ça
: Pièces maîtresses
Et puis bientôt ce sont les élections... Pièces maîtresses
La plupart des oeuvres présentées valent aujourd'hui une fortune, voilà une manière comme une autre de montrer qu'on ne jette pas l'argent du contribuable par les fenêtres.
Le mannequin vert qui pisse c'est "L'homme de Bessines XXe siècle", de Fabrice Hyber, 1988-1995
Et puis, même quand ne connaît rien à l'art, c'est tellement sympa de le faire croire !
Bref, 25 ans d'acquisitions ça se fête.
Joseph Kosuth One and threes hats, 1965
J'ai préféré plus que tout les fleurs carnivores de Séchas... une belle rangée de fleurs et paf un pied sur l'interrupteur, elles se mettent à claquer des dents, ça fait un bruit de ferraille, peur presque. Méfions-nous de la douceur.
Il faut voir aussi les aspirateurs de Koons, sous verre...
Cindy Sherman Film Still n°44, 1979
Christian Boltanski La visite du docteur, 1975, Pascal Convert Sans titre, 1987, Claude Lévèque Sans titre, 1993, Alain Séchas Les Fleurs carnivores, 1991-1993, Jeff Koons New Hoover convertibles green, green, red, new Hoover Deluxe, shampoo-polishers, new Shelton wet/drygallon displaced triple-decker, 1981-1987, Patrick Tosani Le Palais,1983, Manuel Alvarez Bravo La bonne réputation endormie – Mexico, 1938, Harry Callahan Eleanor, 1947, On Kawara Feb.6, 1982, 1982, Walker Evans Compagny Store, 193621:45 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : expositions, art contemporain
lundi, 16 avril 2007
Les minettes
Elle m'a trainée à Bègles la grande fille. Derrière le centre de tri, dans un hangar au milieu d'autres, il y en avait pour tous les goûts. C'était bon enfant, sans manières mais aussi, souvent, sans art.
Il n'empêche que sur un mur mal éclairé, c'est souvent ça les expositions d'amateurs, la mise en scène aussi est amateur... A moins que l'accrocheur ait eu des préférences qui n'étaient pas les miennes. Sur un mur mal éclairé donc, se trouvait cette toile, signée d'un A et d'un M entrelacés, de sorte que l'on pouvait voir, une araignée.
Une araignée au coin d'une toile, presque cachée, tapie dans l'ombre, attendant sa mouche.
Toile de Anne Minot
Et la mouche, c'était moi. Et ce n'est pas parce que les autres travaux étaient sans intérêt que celle-ci émergeait. Les trois toiles de cette artiste, c'était comme une ouverture, une lumière dans une caverne obscure. Il n'y a rien d'autre à dire.
Terres Neuves à Bègles jusqu'au 23 avril 2007.
Et la veille, j'ai rencontré Marie-Laure Drillet. Encore une grande fille, simple, vive, avec un petit sourire dans le pli de l'oeil, une jolie fille qu'on verrait bien poser dans ELLE. Elle m'a fait faire le tour la gentille, à pas rapides, à la volée. Elle a décrit son travail, découpages, reprographie, infographie, agrandissements, sans trop s'arrêter, un peu comme s'il fallait voir mais pas trop, un peu comme si elle n'osait pas. Attend, attend... laisse moi regarder. Son travail c'est pourtant bien autre chose que ce qu'elle dit, sont pas croyables ces artistes! Elle me parle technique, me donne les titres, toujours drôles, montre un auto-portrait "Quelle main?" dont le titre détourne du visage en haut, pour inciter à baisser le regard, un mètre cinquante plus bas vers les mains... Elle nous mène où elle veut cette Marie-Laure, mais dès qu'elle a le dos tourné...
Elle donne de la légèreté et met de l'humour dans la condition féminine, raconte sans concessions mais sans pathos les choses du couple, elle semble distante de ces jeux, mais pas parce qu'elle les a observés. Elle les a éprouvés... Y'a de la peinture, de l'épaisseur, du vécu. Elle dira ce qu'elle voudra.
11:30 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : arts, art contemporain
mercredi, 11 avril 2007
Boîte à Bijoux
17:20 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arts, art contemporain
lundi, 26 mars 2007
Le souffle de Martine Pinsolle
18:10 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : arts, art contemporain
jeudi, 22 mars 2007
Malgré le pitoyable
Avec mon nouveau mobile obtenu de haute lutte, j'ai testé la photographie pour mes visites aux musées. Pour une fois, je les aurais préférées moins floues mes images. Soit la main est moins sûre, soit le dispositif n'est pas encore réglé, toujours est-il qu'il reste peu de choses lisibles de cette semaine parisienne. Mais je m'aperçois que c'est là où la photographie est interdite qu'est requise la présence, la perception de l'instant, dans ce qu'il a d'éphémère, d'intense, comme un gouffre, comme un puits sans fond, comme une tombe.
Je suis allée au Musée d'Art Moderne, au Palais de Tokyo juste à côté, au Musée du Quai Branly et même si j'étais triste en entrant dans ce dernier, je me suis laissée emporter, détourner même, devant le génie créatif de l'homme. J'ai pensé en regardant les murs couverts de moisi de Michel Blazy, en m'amusant des terres crues de Fischli et Weiss, en examinant les étoffes brodées de je ne sais quelle tribu du sud-est asiatique, j'ai pensé à toutes ces idées bouillonnantes, à toutes ces mains absorbées sur un objet de création et à tout ce qu'il aura fallu éprouver avant d'en arriver là.
Par vagues, un peu comme celles de l'amour, c'était comme une bouffée de bonheur, une transcendance, une élévation en tout cas. Et devant tout cela, ma condition humaine, misérable et insignifiante, s'est trouvée pacifiée au travers de celle de ces gens souvent demeurés inconnus, petits ouvriers marqueurs de temps, d'existence propre et d'une magnifique vitalité.20:50 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arts, art contemporain
dimanche, 14 janvier 2007
Quarante quatre
"Un million et quarante-quatrième anniversaire de l'art"
Mercredi 17 janvier de 0h à minuit
«Tout a commencé un 17 janvier, il y a un million d'années» R. Filliou, 1963
En 1994, le 17 janvier c'était le tremblement de terre de Los Angeles, je dormais comme une bienheureuse alors que le lit s'était déplacé de 10 cm et que la moquette s'était transformée en territoire occupé. Depuis j'ai peur dès qu'un camion fait vibrer la route. Quand on regarde sur le net, le 17 janvier il se passe des phénomènes étranges dans des églises (arff!) et naturellement, des gens sont nés et morts ce jour-là, au cours de ce dernier million d'années.
Bref, on a tous notre 17 janvier, qu'il ait été une commotion ou pas.
Le 44 est plus intéressant, c'est mon âge. Un bel âge. Juste sur une ligne, une fracture, une bascule, entre ceci et cela.
13:35 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : art, art contemporain
dimanche, 07 janvier 2007
Strike
Donc le CAPC accueille une nouvelle exposition: "Drapeaux gris". L'inauguration s'est tenue il y maintenant quelques semaines, j'y suis allée comme environ, ah..., comme environ beaucoup d'autres gens. En fait, jamais je n'y avais vu tant de monde. La nouvelle directrice avait présenté son projet à la télé locale, le propos semblait intéressant: au lieu de procéder à une pédagogie, faire en sorte que le visiteur, surpris, interloqué, pourquoi pas choqué, s'interroge sur sa sensation. Qu'est-ce que je ressens, qu'est-ce que cette oeuvre suscite en moi? Pourquoi je réagis de cette manière? En fait, si j'ai bien compris, l'intention déclarée consistait bel et bien à mettre en cause le spectateur au lieu de le laisser simplement regarder, prendre l'information et se satisfaire d'un "savoir" consommé, digéré par le cartel ou la proposition globale de l'organisateur.
J'ai circulé avec mon ami Benoît (un grand classique) entre des installations comme "Fleur de pisse" sur moquette verte, deux têtes de lit style Louis XV réédité, un pan de mur scindant la nef couvert d'une illustration reprise en variations sur le même thème, parsemé de post-it, jusqu'à un néon éteint écrivant "Strike".
Depuis le chemin de ronde qui surplombe la nef et l'ensemble des installations, je voyais comme une piste de bowling. Avec ici à droite, ces têtes de lit, à gauche ce mur annoté, au fond ce néon, j'ai pensé à un slalom entre les conventions d'un art classique tourné en dérision et aux difficultés à arriver à abattre toutes les quilles pour atteindre ce "Strike" polysémique. Ce sera le succès ou la grève! (Socialismo o muerte comme dirait Fidèl!). Je proposais donc mes vues à mon ami, resté à la fois rigolard et navré par ce foutage de gueule qu'est selon lui l'art contemporain, jusqu'à ce qu'il convienne que ça se tenait.
Bien sûr, en rentrant j'ai cherché sur le net pourquoi ce néon était éteint, pourquoi ces têtes de lit, et ça ne coïncidait pas avec mes hypothèses. Par exemple, on trouve pour ce "Strike": les interventions et les dispositifs du collectif Claire Fontaine auscultent l’impuissance politique et ses formes de désengagement. Ainsi le mot Strike (grève) inscrit à l’aide de grands tubes de néons s’éteint dès qu’une personne entre dans la pièce où il est exposé au mur. Strike résume à lui seul l’ambivalence de leur position : leur défiance envers tout statu-quo et conformisme est paradoxalement liée à leur doute envers l’efficacité des slogans et des représentations politiques. Insidieux, leur projet participe autant d’une stratégie de déstabilisation que d’une tentative de «reloading».
J'étais loin de suspecter un tel engagement !! Malgré tout, je trouvais une cohérence dans l'agencement de l'ensemble et j'ai eu cette impression que Miss Charlotte, la nouvelle directrice, faisait ici état de ses attentes, doutes, espérances à l'égard d'un public bordelais bien conventionnel. Pour finir on a bu du vin et gobé des cacahouètes, même sans être des personnes très importantes.
L'exposition "Drapeaux gris" présente le travail des artistes John Armleder, Lutz Bacher, James Lee Byars, Helen Chadwick, Chen Xiaoyun, Cinema Zero, Tacita Dean, Claire Fontaine, Liam Gillick, Piero Golia, Michael Krebber, Jonathan Monk, Cady Noland, Gabriel Orozco, Seth Price, The Atlas Group/Walid Raad, Allen Ruppersberg, Salon de Fleurus, Wilhelm Sasnal, Erik Satie, Karin Schneider, Shirana Shahbazi, Kelley Walker, Apichatpong Weerasethakul et Mario Ybarra Jr.
Jusqu'au 18 mars 2007.
16:05 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, art contemporain
jeudi, 14 décembre 2006
Au rayOn Fray
Ce qui a changé dans mon moyenmarché depuis un an, c'est que non seulement il a été rénové,
mais aussi qu'il s'est étoffé d'un rayon livres. Et c'est donc là, entre le vin et les surgelés, que je suis tombée sur cette jaquette noire. L'auteur, Michel Onfray, bien sûr j'en avais entendu parler: un jeune artiste fâché avait commenté une de ses opinions sur l'art en disant: "Michel m'effraie", de sorte que ce nom, je ne pouvais plus l'oublier.
"La puissance d'exister" donc, je m'y suis engouffrée tout de suite. Encore une affaire de moment. Tout commence par l'enfance, car tout se joue avant 6 ans (arff!). Cyrulnik dirait d'Onfray que c'est un résiliant, un adulte qui a su trouver les figures tutélaires pour inverser, contrôler, utiliser la violence ou les carences affectives au bénéfice d'une production, ici intellectuelle... En tout cas, cette production-là, critique à bien des égards, est un bain rafraîchissant, dynamisant et déculpabilisant. J'en veux !
Extrait préliminaire mini mir: "La politesse fournit la voie d'accès aux réalisations morales. Petite porte d'un grand château, elle conduit directement à l'autre. Que dit-elle? elle affirme à l'autre qu'on l'a vu. Donc qu'il est. Tenir une porte, pratiquer le rituel des formules, perpétrer la logique des bonnes manières, savoir remercier, accueillir, donner, tenir pour une gaité nécessaire dans la communauté minimale -deux...-, voilà comment faire de l'éthique, créer de la morale, incarner des valeurs. Le savoir-vivre comme savoir être".
12:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art, art contemporain, littérature
lundi, 11 décembre 2006
Eau Fait Lit
Ces bâtisses anciennes de la rue de la Rousselle sont parfois comme des cavernes, des vestiges, des soubassements de cathédrale et c'est là, dans un de ces rez-de-chaussée étonnants, que sont exposées les toiles de Damien Bestieu. Avant d'y aller j'ai regardé son site et j'en suis restée toute épatée.
Le vert saute aux yeux et comme si la couleur ne suffisait pas, le vernis étincelle de partout. Toutes les toiles présentent cette expérience de l'eau, du flottement du corps. Faire la planche. Mais pas que cela. Plonger tout habillé dans une piscine, comme en fin de soirée en été, quand on a trop bu, on connaît cette sensation quand on l'a expérimentée. Plonger tout habillé c'est quand on se fiche de ses vêtements, quand l'heure n'a plus de temps, quand les apparences n'ont plus d'air. Le corps libéré des contraintes terrestres s'empèse pourtant sous l'eau, ralenti par les bulles restées coincées sous le tissu.
D'abord, c'est la lumière qui paraît dans ces toiles. On pense aux projections de l'aérographe, mais ce n'est pas ça. Et puis, au fur et à mesure, quand on se laisse envahir, c'est une sensation étrange qui vient. Quand il ne reste plus que des reflets du corps immergé, c'est presque un squelette, une image morbide et la fête, la fin de soirée, devient comme une perdition. Alors, on distingue non pas des vêtements floutés, mais des os.
L'étrange c'est cette eau symboliquement génératrice de vie, mais glauque là qui "informise" le corps plongé. Pourtant, quelle paix de faire la planche.
C'est au 46 rue de la Rousselle tout ça, jusqu'au 22 décembre 06.
14:30 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : art, art contemporain
jeudi, 23 novembre 2006
DisneyLanderneau
Alors que tous les mômes du coin sont occupés avec leur calendrier de l'Avant, voilà qu'une association éminemment honorable exhume les ossements d'une dinde vieille de 6 ans. En 2000 donc, une exposition organisée au Capc aurait montré des images relatives à l'enfance dans l'art, portant atteinte à la dignité de l'enfant. Six ans après, y aurait-il eu recrudescence de consultations chez les pédopsychiatres? A-t-on recensé davantage de crimes sexuels, d'incestes, d'exhibitions au jardin public? Avec un recul de 6 ans, on peut honnêtement considérer l'impact d'une nuisance potentielle.
Bordeaux est une ville musée. Les façades rafraîchies en front de Garonne avec l'aide de subventions municipales, font bonne mine aux 50 paquebots qui s'amarrent chaque année aux abords d'une place de la Bourse dont les conservateurs tiennent les cordons. Depuis la rue, on peut voir les toitures d'ardoises et depuis les hauteurs, s'apercevoir que ce n'est qu'une parade, les sommets sont en tuiles, c'est un décor. Il en est ainsi de la région. Si la ville domine flamboyante, à 50 km à peine en plein Médoc, c'est le règne de la consanguinité, de l'alcoolisme et de l'inceste comme art de vivre. Au milieu de ce bourbier hautement culturel, une association s'émeut subitement des conséquences nuisibles d'une exposition d'art contemporain. Et que faisiez-vous aux temps chauds?
A propos de la mise en examen de l'ancien directeur du lieu, Monsieur Buren s'est associé à l'idée que la censure gagne du terrain. En réalité, elle est en train de donner du crédit à l'art contemporain, elle est en train de l'apercevoir. Bien sûr, pour le moment, ce qui est décrié n'est que le plus "décodable", le plus lisible, donc le plus interprétable. Mais si l'art devient dangereux c'est qu'on a pris la mesure de ce qu'il véhicule. Ici il est question des enfants, est-ce que les images cautionnent les crimes commis contre eux ou est-ce qu'elles montrent ce sur quoi les adultes ne savent pas agir? On soigne sa culpabilité comme on peut.
Cette petite affaire locale questionne le tout-venant sur ses priorités. Quid de la morale ou de la culture? Ainsi ces deux valeurs fondatrices, l'une résultant de l'intelligence de l'autre, devront mener combat alors qu'il n'est pas plus question de l'une que de l'autre. N'empêche, choisis ton camp camarade!
Dans une ville dont les dirigeants sont capables d'organiser une Foire aux Livres dans un lieu d'expression plastique, niant de fait sa légitimité, on peut se demander à qui profite le crime. Ils ont bon dos les enfants.
18:20 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : art, art contemporain










