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mercredi, 26 mars 2008
Toutmaviejairêvé
Le blanc, ça ne m'allait pas. Les vieilles sorcières de l'hôpital non plus. Fallait que ça bouge, alors ça a bougé. Finis les TCA, les INR, les ECG, les bons de transport, de radio, les ragots parce que celle-ci s'envoie l'interne, parce que celle-là a une piscine. Finies les plaintes, "j'ai pas eu mes congés en été", "la surveillante peut pas me saquer", fini d'assister aux mauvais traitements sur des patients séniles "Odette tu pues, ahhh c'que tu peux puer". On en fait des saintes de ces bonnes femmes, elles sont mauvaises comme la teigne.
Les regarder d'un air compatissant parce que ah les pauvres elles sont si mal payées, si peu reconnues, et puis toutes ces souffrances qu'elles voient... Tu parles! Les regarder avec compassion, avec empathie comme elles aiment à dire, c'est en fait courber l'échine pour étouffer les coups qu'elles portent aux faibles, aux plus petits qu'eux, aux vieux, aux étudiants. En réalité, c'est couvrir leurs méfaits, c'est se soumettre pour ne pas être leur proie, c'est accepter à son âme défendante d'être témoin de conduites abjectes.
Quitter la saleté, la misère, la détresse, la quitter en se disant qu'on y viendra bien assez tôt à toute cette déchéance, que ce n'est pas la peine de s'y précipiter, même avec des ailes d'ange dans le dos. Un jour ou l'autre comme une méchante marée, elle viendrait se coller sur nos plumes, toute cette merde.
Un tableau trop noir c'est toujours suspect. Alors disons que c'est juste gris, pas immaculé c'est certain, mais gris. Ce qui signifie en gros que comme dans tout milieu il y a aussi des petites fées, des elfettes, des princesses. Mais pas suffisamment pour que le reste devienne supportable.
21:36 Publié dans Comme ça me vient | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 14 mars 2008
TypogrAphie
A(utour) - En levant les yeux jusqu'aux voûtes, j'ai remarqué l’autre soir que les ouvertures de l'église St Rémi avaient été bouchées par des panneaux vitrés juste posés. Pas encastrés, pas fenestrés. Le lieu de l'exposition annuelle des Artistes Indépendants d'Aquitaine intitulée « Majuscule minuscule » a pris tout d’un coup un air franchement jovial.
B(ing!) - comme dirait ma grande amie, « cette année, ça fait moins vente de charité ». En voilà une qui s'y connaît en charité!
C(le clou)- Le (in)contournable discours inaugural reste, alors que la troupe bienveillante (et courtoise) s'agglutine autour des organisateurs, l'occasion privilégiée de déambuler sans entraves d'une toile, sculpture ou installation à l'autre. Mais, au moment où la voix déformée par l'écho semble marquer une pause, c’est comme un signal subliminal qui nous engage à nous rapprocher car, ô temps suspend ton vol! se dévoile l'oeuvre spectaculaire d'un monsieur à catogan... tiens ! on a invité Karl Lagerfeld.
D(rôle) - Un rideau noir, dramatique sur ce fond de pierres blondes, retenu par une dernière attache résiste un peu mais, d’un geste auguste, le faux Karl découvre une méga empreinte blanche de pouce sur fond noir qui, sous les feux d’une rampe théâtrale, explose de 1000 couleurs ! Oh oh mazette !… « On se croirait dans une boîte de nuit » me glisse mon amie.
E(uh?) - Une fois remise de mes émotions, alors que chacun sirote son Crémant, me suis dirigée vers le panneau pour voir de près qu’il s’agissait de feuillets argentés découpés dans des supports CD de la marque Verbatim et disposés de sorte à figurer les méandres digitaux. Recyclage du texto, jeu de mots autour du digital ? vue en 1D du Pouce de César ? Mystère. L’artiste avait bien fait un commentaire, mais l’écho l’avait gobé.
F(aut voir) - Pour le reste des œuvres présentées, oui c’était bien meilleur que les années précédentes.
G(roupe) - Je ne parlerai pas des 3 ou 4 artistes les plus marquantes, d’abord parce que je l’ai déjà fait et ensuite parce qu’elles vont désormais leur chemin dans un sillon profondément tracé par leur travail. Toutefois, il y avait cette absolution de Sisyphe. Sisyphe en fer forgé poussant son gros caillou sur une poutre en équilibre sur un axe : il nous aurait suffi, c’était tentant, d’appuyer sur la partie haute de la poutre pour qu’elle bascule et que la pierre roule. On pouvait aussi simplement imaginer qu’arrivé à mi-parcours, ce petit personnage serait enfin libéré de sa charge à la faveur des lois de la physique. Encore un mythe qui s’effondre ! A côté de cela évidemment, beaucoup de clones des artistes dominants, avec reprises opportunes de techniques, genres, modes… Prenons cela pour une tentative de cohésion de groupe.
Espace St Rémi - du 9 au 30 mars 2008. Entrée gratuite.
15:57 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expo, peinture



