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samedi, 08 décembre 2007

Le plein et le vide

D'après les statistiques, c'est un gars qui est à la moitié de sa vie. Sur ses étagères, il y a davantage de livres que dans deux bibliobus, et dans sa tête les idées qui circulent vont plus vite que dans un accélérateur de particules. C'est un gars qui regarde le monde avec un petit sourire, qui taxe de vaniteux l'essentiel des actions humaines et qui relit Thomas Bernhard  à chaque fois qu'il a un coup de blues. Il a appris l'allemand dès la 6ème et le tout ensemble ça pourrait donner une personnalité austère voire jésuite. Cet esprit déambule dans un grand corps un peu déguingandé auquel on ne donne pas d'âge, si ce n'est par les cheveux gris qui apparaissent ici et là. Son corps quand il le pose sur un banc, c'est en pensant à Diderot, quand il marche à côté de quelqu'un c'est pour mesurer son pas sur celui de l'autre, parce que si les pas s'accordent, ça lui donne l'idée de ce qu'il y a moyen de faire ensemble.

Ce gars, c'est quand il parle qu'il prend sa dimension. Ses mains dansent et le langage gagne chacune de ses phalanges. 5750c707ef3c8bc1ddc15b38d3215005.jpgIl est habité. Pourtant, s'il touche autour de lui, soit par l'agacement, soit par le charme, il est seul. C'est son regard qui le trahit. C'est comme s'il payait une faute qu'il n'a pas commise, une dette, et ça lui donne un air mélancolique parce qu'il sait bien au fond qu'il n'a rien à voir dans tout ça. Pourtant il subit, il sait qu'il subit, mais ne trouve pas, ne cherche même pas à y changer quoi que ce soit. Les forces sont inégales, et puisqu'il en est ainsi, pourquoi lutter? 

Quand il arrive, si rarement, que l'on rencontre quelqu'un comme ça, quelqu'un qui provoque la curiosité, qui propose de quoi ouvrir la perception, on ne peut qu'être reconnaissant. Bien sûr, on peut admettre qu'il faut être soi-même réceptif sinon ça n'aurait pas marché... Mais quand on rencontre quelqu'un comme ça, et puis quand plus tard on apprend qu'il s'endort, se perd, s'oublie parce que rien ne sert à rien parce que tout est vanité, même si c'est vrai, ça me désespère.

Les idéalistes, j'en suis, sont des fachos. L'autre dans son néant-choix existentiel, qu'il continue après tout! Me reste plus qu'à examiner ce qu'est un monde sans illusions.

mercredi, 05 décembre 2007

Minute Papillon

Ben moi j'voudrais bien que Nico épouse Rachi.

Pour pas faire trop monarchie, il nommerait un nouveau garde des Sceaux, un qui bosse au lieu de passer son temps à se faire griller les fesses au bord des piscines.