jeudi, 22 mars 2007
Malgré le pitoyable
Avec mon nouveau mobile obtenu de haute lutte, j'ai testé la photographie pour mes visites aux musées. Pour une fois, je les aurais préférées moins floues mes images. Soit la main est moins sûre, soit le dispositif n'est pas encore réglé, toujours est-il qu'il reste peu de choses lisibles de cette semaine parisienne. Mais je m'aperçois que c'est là où la photographie est interdite qu'est requise la présence, la perception de l'instant, dans ce qu'il a d'éphémère, d'intense, comme un gouffre, comme un puits sans fond, comme une tombe.
Je suis allée au Musée d'Art Moderne, au Palais de Tokyo juste à côté, au Musée du Quai Branly et même si j'étais triste en entrant dans ce dernier, je me suis laissée emporter, détourner même, devant le génie créatif de l'homme. J'ai pensé en regardant les murs couverts de moisi de Michel Blazy, en m'amusant des terres crues de Fischli et Weiss, en examinant les étoffes brodées de je ne sais quelle tribu du sud-est asiatique, j'ai pensé à toutes ces idées bouillonnantes, à toutes ces mains absorbées sur un objet de création et à tout ce qu'il aura fallu éprouver avant d'en arriver là.
Par vagues, un peu comme celles de l'amour, c'était comme une bouffée de bonheur, une transcendance, une élévation en tout cas. Et devant tout cela, ma condition humaine, misérable et insignifiante, s'est trouvée pacifiée au travers de celle de ces gens souvent demeurés inconnus, petits ouvriers marqueurs de temps, d'existence propre et d'une magnifique vitalité.20:50 Publié dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : arts, art contemporain




Commentaires
Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves."
Smohalla, chef indien Sokulls
Ecrit par : écrantotal | jeudi, 22 mars 2007
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