mardi, 20 mars 2007
Vent de Mars
Paris, 6h45 du matin, le jour se lève. Il va faire gris toute la journée peut-être, paraît qu'y a grève dans les écoles. Pourvu qu'il pleuve sur leurs têtes. Paris est une blonde elle plaît à tout le monde. D'où peut bien provenir cette idée que les blondes plaisent à tout le monde? J'en doute.
Avant qu'il pleuve il y a eu du vent. Sur l'immense surface entre les quatre bâtiments de la Grande Bibliothèque, c'était un jeu de rafales, de soufflets, de giffles et les cheveux, même si on les a doux d'habitude, deviennent des badines, des martinets, des fouets. Laisser ainsi de telles surfaces sans entraves, si ça permet à la vue de s'expandre, ça vous fout en l'air les oreilles, les joues, le nez.
Il s'est trouvé un livre à la libriairie de la Bibliothèque. Un petit livre rouge à la couverture satinée, de celles qu'on a envie de toucher, mais pas avant d'avoir rejoint le fauteuil près de la cheminée, les pieds posés sur un tabouret. Le livre rouge, on ne l'aura pas sorti de sa pochette en papier avant ce moment-là. Pas question de l'ouvrir dans le métro, pas question de le partager avec un autre qui serait là, derrière l'épaule. C'est de l'écriture du XVIème siècle, ça se donne pas comme ça. A la mode de l'époque, Isabella Andreini écrit des "Lettres à mes amants". On y lit qu'il s'agit d'une fiction, alors on peut déduire qu'elle a bien observé et beaucoup écouté.
Paris avant, j'aimais pas. Mais c'est facile d'apprécier quand on n'y subit ni les heures de pointe, ni les grèves.
08:35 Publié dans Comme ça me vient | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature




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