lundi, 09 juin 2008

Les français sont des mous qu'elles disent...

Elles s'étaient bien trouvées ces deux là. Deux belles beurettes à la peau caramel et aux cils lourdement fardés d'un noir poudreux comme on imagine les yeux des femmes dans les contes de ce bon vieil Emile Léunenuit. Elles avaient donc la même couleur de peau, le même uniforme (moi aussi, mais suis blanche comme du sucre glace) et dans la hanche que l'une avait menue et l'autre large, une lascivité comme un peu la queue des boas Constrictor (le plus dangereux), avançant lentement dans une chaloupe sans freins et sans intentions.
Elles babillaient, s'esclaffaient, l'une de sa voix éternellement rauque (une déformation du guttural arabe?), et l'autre butant sur les T qui, passant d'un son sec à la française, approchait en amorce un Tche dénaturé. Quand leur bruit arrivait jusqu'à moi, l'un comme un soupir d'enphysémique et l'autre comme une attaque de la Barre des 1000 (encore lui), il m'apparaissait qu'il était une fois de plus question des zooooommmmmes. Que serions-nous sans vous?
L'une abhorrait le sexe, n'aimait les mecs que de loin, les rejetant quand ils approchaient et l'autre était la princesse de son prince qui, sans déconner, la kiffait grave.
Aucune n'avait "connu" de français car les français sont "mous"... Grand bien leur fasse pensai-je en moi-même car la disproportion numéraire est bien suffisante. A ma question de savoir ce qu'est un français mou (pléonasme), elles eurent la même réponse: il est toujours gentil, toujours d'accord, ne cherche pas le conflit, est trop soumis... Bordel! me suis-je dit, mais c'est donc de machos dont elles rêvent, ce qu'elles contestèrent violemment par un "mais naaaan, c'est pas des machos, c'est des mecs viriiiiils...."
Ahhhhhh d'accooooord...
En fin de vol je n'avais toujours rien compris et j'abdiquais devant cet abime culturel qui s'ouvrait, telle la Mer Rouge, devant moi.
Ensuite, alors que nous attendions le bus pour rejoindre nos voitures, elles se prenaient mutuellement les poignets pour partager leur admiration pour les colifichets et je voyais, par ce geste tendre, l'émergence du cerveau reptilien comme une reviviscence des harems du temps d'Emile, quand les femmes forcées d'être ensemble avaient fini par y trouver leur compte... de perles.

vendredi, 23 mai 2008

Chanson d'Amouuuuur

 

Christophe - Elle dit, elle dit 

mercredi, 26 mars 2008

Toutmaviejairêvé

Le blanc, ça ne m'allait pas. Les vieilles sorcières de l'hôpital non plus. Fallait que ça bouge, alors ça a bougé. Finis les TCA, les INR, les ECG, les bons de transport, de radio, les ragots parce que celle-ci s'envoie l'interne, parce que celle-là a une piscine. Finies les plaintes, "j'ai pas eu mes congés en été", "la surveillante peut pas me saquer", fini d'assister aux mauvais traitements sur des patients séniles "Odette tu pues, ahhh c'que tu peux puer". On en fait des saintes de ces bonnes femmes, elles sont mauvaises comme la teigne.

Les regarder d'un air compatissant parce que ah les pauvres elles sont si mal payées, si peu reconnues, et puis toutes ces souffrances qu'elles voient... Tu parles! Les regarder avec compassion, avec empathie comme elles aiment à dire, c'est en fait courber l'échine pour étouffer les coups qu'elles portent aux faibles, aux plus petits qu'eux, aux vieux, aux étudiants. En réalité, c'est couvrir leurs méfaits, c'est se soumettre pour ne pas être leur proie, c'est accepter à son âme défendante d'être témoin de conduites abjectes.

Quitter la saleté, la misère, la détresse, la quitter en se disant qu'on y viendra bien assez tôt à toute cette déchéance, que ce n'est pas la peine de s'y précipiter, même avec des ailes d'ange dans le dos. Un jour ou l'autre comme une méchante marée, elle viendrait se coller sur nos plumes, toute cette merde.

Un tableau trop noir c'est toujours suspect. Alors disons que c'est juste gris, pas immaculé c'est certain, mais gris. Ce qui signifie en gros que comme dans tout milieu il y a aussi des petites fées, des elfettes, des princesses. Mais pas suffisamment pour que le reste devienne supportable.

vendredi, 14 mars 2008

TypogrAphie

A(utour) - En levant les yeux jusqu'aux voûtes, j'ai remarqué l’autre soir que les ouvertures de l'église St Rémi avaient été bouchées par des panneaux vitrés juste posés. Pas encastrés, pas fenestrés. Le lieu de l'exposition annuelle des Artistes Indépendants d'Aquitaine intitulée « Majuscule minuscule » a pris tout d’un coup un air franchement jovial.
B(ing!) - comme dirait ma grande amie, « cette année, ça fait moins vente de charité ». En voilà une qui s'y connaît en charité!
C(le clou)- Le (in)contournable discours inaugural reste, alors que la troupe bienveillante (et courtoise) s'agglutine autour des organisateurs, l'occasion privilégiée de déambuler sans entraves d'une toile, sculpture ou installation à l'autre. Mais, au moment où la voix déformée par l'écho semble marquer une pause, c’est comme un signal subliminal qui nous engage à nous rapprocher car, ô temps suspend ton vol! se dévoile l'oeuvre spectaculaire d'un monsieur à catogan... tiens ! on a invité Karl Lagerfeld.
D(rôle) - Un rideau noir, dramatique sur ce fond de pierres blondes, retenu par une dernière attache résiste un peu mais, d’un geste auguste, le faux Karl découvre une méga empreinte blanche de pouce sur fond noir qui, sous les feux d’une rampe théâtrale, explose de 1000 couleurs ! Oh oh mazette !… « On se croirait dans une boîte de nuit » me glisse mon amie.
E(uh?) - Une fois remise de mes émotions, alors que chacun sirote son Crémant, me suis dirigée vers le panneau pour voir de près qu’il s’agissait de feuillets argentés découpés dans des supports CD de la marque Verbatim et disposés de sorte à figurer les méandres digitaux. Recyclage du texto, jeu de mots autour du digital ? vue en 1D du Pouce de César ? Mystère. L’artiste avait bien fait un commentaire, mais l’écho l’avait gobé.
F(aut voir) - Pour le reste des œuvres présentées, oui c’était bien meilleur que les années précédentes.
G(roupe) - Je ne parlerai pas des 3 ou 4 artistes les plus marquantes, d’abord parce que je l’ai déjà fait et ensuite parce qu’elles vont désormais leur chemin dans un sillon profondément tracé par leur travail. Toutefois, il y avait cette absolution de Sisyphe. Sisyphe en fer forgé poussant son gros caillou sur une poutre en équilibre sur un axe : il nous aurait suffi, c’était tentant, d’appuyer sur la partie haute de la poutre pour qu’elle bascule et que la pierre roule. On pouvait aussi simplement imaginer qu’arrivé à mi-parcours, ce petit personnage serait enfin libéré de sa charge à la faveur des lois de la physique. Encore un mythe qui s’effondre ! A côté de cela évidemment, beaucoup de clones des artistes dominants, avec reprises opportunes de techniques, genres, modes… Prenons cela pour une tentative de cohésion de groupe.

Espace St Rémi - du 9 au 30 mars 2008. Entrée gratuite. 

mardi, 26 février 2008

Racolage

Une petite escapade parisienne. Pas que pour le fun, ce n'est pas la saison.

1185928145.jpgEt une exposition, celle de Vlaminck au Musée du Luxembourg.

D'abord, on paie 11 €. C'est la première (mauvaise) surprise de la visite. La déambulation s'opère chronologiquement, sur une période allant de 1900 à 1915. On commence donc avec une peinture épaisse, dense, outrancière, appliquée comme à la truelle pour figurer l'alcool ou la petite vertu. Le rouge à lèvres et le rimmel débordent, le vin sent la piquette. Et puis des paysages des bords de Seine, des pêcheurs patients, des ciels de printemps torturés. Une vie simple, ordinaire, prolétaire.

Puis, avec le temps, après cette espèce de fougue désordre, après cet élan charnel qui montre la crasse et sent la sueur, voilà que le peintre s'essaye à des techniques frisant le cubisme, en se retenant d'y plonger. Ne pas quitter le réalisme du figuratif. Ainsi, en équilibre sur le fil, Vlaminck tâte de la ligne droite, des perpendiculaires, de la taille en facettes. Mais n'apparaissent que les clivages. Bien sûr il gagne en technique, en transparence, en clarté. Mais alors disparaissent la chair, la vie, l'humain.

A la fin de l'exposition ne restait pas grand-chose, si ce n'est l'impression amère que si Vlaminck avait conquis dans sa jeunesse par une libre expression, une libre pensée, il s'était abymé aux charmes du succès. Sa peinture devenue pas tout à fait ceci, ni tout à fait cela, mais qui certainement s'était vendue, avait fini par perdre de sa substance pour satisfaire au goût.

vendredi, 15 février 2008

Enfermez-le !

J'avais 17 ans, c'était le prof d'histoire qui avait organisé la projection. Un film noir et blanc, je m'en souviens encore. On y voyait des corps décharnés, vivants si on peut dire, ou morts, jetés dans des fosses. J'avais 17 ans et je me souviens encore du mal au bide que j'ai ressenti à ce moment-là.

Ma nièce a 7 ans. Dans 3 ans, alors qu'elle vit bien tranquille dans sa cambrousse avec son frère et ses parents, au milieu des poules et des lapins, on va lui demander de penser à un enfant mort il y a 60 ans. 

Comme si ce n'était pas suffisant d'avoir sur les épaules le poids de sa propre famille, de sa propre histoire...

On fracture les conventions, on joue les pipe-hole pour faire djeuns, pendant que la petite enfance doit entrer en mortification punitive, dans la contrition coupable... Mais on va où là?

Il est malade ce mec. 

vendredi, 08 février 2008

Mais?

Mais Où est passé V ??

Cher V, c'est l'hibernation?

A quand la fonte des neiges... 

lundi, 28 janvier 2008

Peau de chien

J'aimerais bien parler d'une belle expo, d'un beau livre... quoique "L'histoire de la laideur" d'Umberto Ecco, je l'ai survolé, je veux le lire. Seulement voilà, il y a au travail une vieille peau stressée, galopante, folle à lier, qui regarde jamais en face quand elle braille en pleine crise d'hystérie "tu penses qu'à toooooOOOIIIii".... Cette violence là, ça me tétanise et si je pouvais faire suivre le reste de mon corps dans les poches où j'ai déjà mis les mains, alors je serais bien. Au chaud dans mes poches, comme un bébé kangourou. Donc, cette vieille à lunettes, avec un caniche abricot mort sur la tête, je vais devoir encore la supporter pendant 4 longues semaines. L'effort énorme que je consacre à réprimer la lutte fratricide entre mon Ça et mon Surmoi, l'un voulant lui péter la gueule et l'autre m'éviter cette autolyse professionnelle, investit toutes mes énergies vers ce seul but: survivre.

Du haut d'un nuage qui chatouille les plantes de pieds, merci Xanax, je la regarde gesticuler, m'invectiver et j'essaie de lire dans ses yeux fuyants si c'est la maitresse de sa classe de CP ou celle de son mari qui me ressemblait... L'une ou l'autre l'a persécutée c'est sûr, mais grands dieux laquelle? Il me reste 4 semaines pour mener l'enquête.  Une chance, son vestiaire est près du mien... Voir la couleur de sa culotte me donnera peut-être un indice?

De fait le loisir, la contemplation, le wachiwacha, toutes ces non-activités vaines et futiles que j'adore sont devenues simplement économiquement inabordables. Toutefois, une jubilation infinie m'envahit, c'est la seule, lorsque le mercredi je découvre "le journal de Carla" dans le Canard Enchaîné... Au moins ça elle pourra pas l'atteindre, la vioque.

lundi, 07 janvier 2008

Floute !

Le bâtiment du Conseil Régional d'Aquitaine, à Bordeaux, accueille des oeuvres du FRAC Aquitaine.

Le CR c'est le subventionneur c'est pour ça79771719d19c24a65c3ba50f2015f780.jpg : Pièces maîtresses

Et puis bientôt ce sont les élections... Pièces maîtresses 

La plupart des oeuvres présentées valent aujourd'hui une fortune, voilà une manière comme une autre de montrer qu'on ne jette pas l'argent du contribuable par les fenêtres.

Le mannequin vert qui pisse c'est "L'homme de Bessines XXe siècle", de Fabrice Hyber, 1988-1995 

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Et puis, même quand ne connaît rien à l'art, c'est tellement sympa de le faire croire ! 

Bref, 25 ans d'acquisitions ça se fête. 

Joseph Kosuth One and threes hats, 1965

J'ai préféré plus que tout les fleurs carnivores de Séchas... une belle rangée de fleurs et paf un pied sur l'interrupteur, elles se mettent à claquer des dents, ça fait un bruit de ferraille, peur presque. Méfions-nous de la douceur.

Il faut voir aussi les aspirateurs de Koons, sous verre...

Cindy Sherman Film Still n°44, 1979

87a042a01f309149881c6c2e105e69b3.jpgEt puis, il y a: 
Christian Boltanski La visite du docteur, 1975, Pascal Convert Sans titre, 1987, Claude Lévèque Sans titre, 1993, Alain Séchas Les Fleurs carnivores, 1991-1993, Jeff Koons   New Hoover convertibles green, green, red,  new Hoover Deluxe, shampoo-polishers, new Shelton wet/drygallon displaced triple-decker, 1981-1987, Patrick Tosani Le Palais,1983, Manuel Alvarez Bravo La bonne réputation  endormie – Mexico, 1938, Harry Callahan Eleanor, 1947, On Kawara Feb.6, 1982, 1982, Walker Evans Compagny Store, 1936 

mercredi, 02 janvier 2008

Des bulles

Quand Martine Pinsolle envoie ses voeux on a envie d'en faire profiter tout le monde!

Oui, des bulles, des bulles toute l'année 2008... 

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